Mentions légales pour pharmacie

Quelles sont les mentions légales obligatoires pour une pharmacie ?

Les mentions légales obligatoires pour une pharmacie comprennent l'identification complète de l'éditeur exigée par la LCEN (dénomination, SIRET, hébergeur), complétée par les mentions propres aux professions réglementées : titre de pharmacien, inscription à l'Ordre national des pharmaciens et référence aux règles du Code de la santé publique. Un site de vente en ligne de médicaments doit afficher son autorisation ARS.

Les mentions à afficher sur le site d'une pharmacie d'officine :

  1. Nom du ou des pharmaciens titulaires et dénomination de l'officine
  2. Forme juridique, adresse de l'officine, numéro SIRET et, pour une société, capital et RCS
  3. Coordonnées de contact : adresse email et numéro de téléphone
  4. Titre professionnel de pharmacien et État dans lequel il a été délivré
  5. Inscription à l'Ordre national des pharmaciens (section compétente)
  6. Référence aux règles professionnelles applicables : Code de la santé publique
  7. Numéro de licence de l'officine
  8. Pour la vente en ligne de médicaments : autorisation délivrée par l'ARS et rattachement à l'officine physique
  9. Coordonnées de l'hébergeur du site (nom, adresse, téléphone)
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Le pharmacien d'officine exerce une profession réglementée placée sous le contrôle de l'Ordre national des pharmaciens. Cette particularité a une conséquence directe sur les mentions légales : l'article 19 de la LCEN exige des professions réglementées qu'elles affichent, en plus de l'identification classique de l'éditeur (article 1-1), leur titre professionnel, l'ordre auprès duquel elles sont inscrites et la référence aux règles professionnelles applicables — ici le Code de la santé publique.

Les obligations diffèrent ensuite selon la nature du site : un site vitrine d'officine (horaires, équipe, gardes, parapharmacie présentée sans vente) reste encadré par la déontologie pharmaceutique mais obéit à des règles plus souples, tandis qu'un site de commerce électronique de médicaments est soumis à une autorisation de l'agence régionale de santé (ARS) et à des règles techniques strictes du Code de la santé publique.

Site vitrine d'officine ou vente en ligne de médicaments : deux régimes distincts

Un site vitrine présentant l'officine, son équipe, ses horaires et ses services (vaccination, entretiens pharmaceutiques, location de matériel médical) relève du régime général de la LCEN, complété par les mentions des professions réglementées et par la déontologie pharmaceutique : l'information doit rester factuelle et loyale, sans incitation à la consommation de médicaments ni publicité contraire aux règles du Code de la santé publique.

La vente en ligne de médicaments obéit à un régime beaucoup plus strict : elle est réservée aux médicaments non soumis à prescription obligatoire, le site doit être adossé à une officine physique existante et exploité par son pharmacien titulaire, et son ouverture est subordonnée à une autorisation de l'ARS territorialement compétente. Les sites autorisés figurent sur une liste officielle consultable via l'Ordre national des pharmaciens et le ministère chargé de la santé — vos clients peuvent y vérifier votre légitimité, raison de plus pour afficher clairement votre autorisation.

Des règles techniques précises encadrent en outre le contenu des sites de commerce électronique de médicaments (présentation des produits, informations à fournir, liens vers les sites institutionnels de l'Ordre et du ministère chargé de la santé). Si vous envisagez ce canal, rapprochez-vous de votre ARS et de votre conseil régional de l'Ordre avant toute mise en ligne : un site marchand non autorisé constitue un exercice illégal.

RGPD et données de santé des patients

Dès lors que votre site permet de transmettre une ordonnance, de réserver des produits (click and collect) ou de prendre rendez-vous pour une vaccination ou un entretien pharmaceutique, vous collectez des données de santé : il s'agit d'une catégorie particulière de données au sens de l'article 9 du RGPD, soumise à un régime de protection renforcé et, en France, à l'obligation d'hébergement auprès d'un hébergeur certifié HDS (hébergeur de données de santé).

Votre politique de confidentialité doit détailler chaque traitement : finalité, base légale, durée de conservation, destinataires et droits des personnes (article 13 du RGPD). Le pharmacien est par ailleurs tenu au secret professionnel : les canaux de transmission d'ordonnances ou d'échanges avec les patients doivent être sécurisés (chiffrement, accès restreint à l'équipe officinale), et aucune donnée patient ne doit transiter par un simple formulaire de contact non sécurisé.

Déontologie, publicité et sanctions

La communication du pharmacien est encadrée par les règles déontologiques de la profession, intégrées au Code de la santé publique : la publicité en faveur de l'officine et des médicaments est strictement limitée, et le site ne doit comporter aucun procédé contraire à la dignité de la profession (rabais agressifs sur les médicaments, comparaisons dénigrantes, sollicitation de patientèle). En cas de manquement, le pharmacien s'expose à des poursuites disciplinaires devant les chambres de discipline de l'Ordre.

S'y ajoutent les sanctions de droit commun : l'absence de mentions légales conformes à la LCEN est pénalement sanctionnée (jusqu'à 75 000 € d'amende pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale), et les manquements au RGPD sur des données de santé exposent à des amendes administratives de la CNIL pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires. Pour une profession de santé, le risque réputationnel d'une sanction publique est au moins aussi dissuasif que l'amende elle-même.

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Questions fréquentes

Une pharmacie peut-elle vendre des médicaments sur son site sans autorisation ?

Non. La vente en ligne de médicaments est réservée aux pharmaciens titulaires d'une officine physique et nécessite une autorisation préalable de l'ARS territorialement compétente. Elle ne peut porter que sur les médicaments non soumis à prescription obligatoire. Un site marchand ouvert sans autorisation constitue une infraction au Code de la santé publique, indépendamment des sanctions ordinales.

Faut-il un hébergement certifié HDS pour le site d'une pharmacie ?

Cela dépend des données traitées. Un simple site vitrine (horaires, équipe, services) sans collecte de données de santé peut être hébergé chez un prestataire classique. En revanche, dès que le site reçoit des ordonnances, des réservations de médicaments ou des prises de rendez-vous comportant des informations de santé, ces données doivent être hébergées auprès d'un hébergeur certifié HDS, conformément au Code de la santé publique.

Quelles règles déontologiques s'appliquent au site vitrine d'une officine ?

Le site doit se limiter à une information factuelle et loyale : identification de l'officine, équipe, horaires, services proposés, informations de santé publique. Les règles déontologiques du Code de la santé publique interdisent les procédés publicitaires contraires à la dignité de la profession et l'incitation à la consommation de médicaments. En cas de doute sur un contenu, le conseil régional de l'Ordre peut être consulté.

Qui est le directeur de la publication du site d'une pharmacie ?

En pratique, le pharmacien titulaire de l'officine (ou le représentant légal de la société d'exercice, par exemple le gérant d'une SELARL). C'est lui qui assume la responsabilité éditoriale des contenus publiés, y compris des informations de santé diffusées sur le site. Son nom doit figurer dans les mentions légales au titre de l'article 1-1 de la LCEN.